Magritte, l’obtuse…


Même si personnellement j’ai des penchants surréalistes (ou bizarres?) j’ai toujours eu un sorte d’insatisfaction en regardant les peintures de Dali et, surtout, de Magritte. Il y a dans ses peintures trop d’anecdote, le pictural est submergé par le littéraire et les couleurs trop “locales” sont, des fois, carrément dérangeantes… L’idée semble pour lui beaucoup plus importante que la picturalité …

Ma légère antipathie pour lui (Dali aussi est anecdotique pas mal mais, au moins, il est prodigieusement doué comme artiste ce qui serais excessif à dire sur Magritte…) n’est pas causé, non plus, par le fait qu’il est belge… J’aime les belges! Delvaux, par exemple, lui aussi surréaliste et belge, me plaît beaucoup… pour ne pas parler de Georges Simenon… Donc, j’ assumait que cette antipathie était celle que je réserve aux peintres anecdotiques en excès… Hier, je me suis confirmé les raisons, justifiés, de le détester, en lisant ses opinions, pleines d’incompréhension obtuse, d’envie et même de haine mesquine envers Vincent Van Gogh!

Envie mesquine et stupide parce que Magritte a connu le succès (justifié ou non, ca c’est une autre question…) et a vendu beaucoup plus, dans sa vie d’artiste (il écrivait les phrases infames en 1955) que Vincent, dont il enviait avec une obtusité petit bourgeoise, la célébrité posthume… Voilà ce qu’il disait, dans un article publié dans un revue belge:

« …Mais l’incertitude, la fièvre et la violence des recherches de Van Gogh les ont marqué d’un signe pénible. Les arbres tordus, les tourbillons, les contrastes de tons acides ne suffisent pas à exprimer tout à fait l’angoisse de Van Gogh. Il en arrive à tenter de s’exprimer avec un rasoir et se couper une oreille.» (frappe vraiment bas, beaucoup en dessous de la ceinture…) « Avec lui, nous sommes loin de cette atmosphère de fraîcheur et de féerie qui donnait une nouvelle jeunesse au monde représenté par les Impressionnistes. La peinture délirante et les actes de Van Gogh se « tiennent » sur un plan étranger à l’Impressionnisme. Avec Van Gogh s’ouvre un domaine dans lequel l’expression artistique est soumise à l’examen de la psychologie et de la psychiatrie.»

C’est sur et certain que Vincent avait dépassé de loin l’Impressionnisme, tout comme Cézanne et Gauguin, eux aussi « issues » de l’ Impressionnisme… C’est vrai aussi que ses arbres sont tordues, qu’il y a des tourbillons et des tons forts dans ses peintures. Mais il y a aussi une sincérité, un lyrisme, une force que les anecdotes habiles, peut être, des tableaux oh, combien correctement peint! de Magritte, n’arriveront jamais à atteindre… Pas content d’avoir attaqué Van Gogh d’une facon aussi infame, le petit bourgeois Magritte se déchaîne aussi contre d’autres non-bourgeois (et même contre les enfants…) :

« Grâce à l’intérêt des savants pour l’expression artistique, « l’art » des pensionnaires d’asiles d’aliénés ou des prisons fait l’objet d’études doctorales; les peintres « du dimanche », tel Douanier Rousseau, sont plus attentivement observés que Léonard de Vinci ou que Courbet; enfin, pour que rien de médiocre ne soit oublié, les dessins et les écrits d’écoliers sont exposés solennellement… »

Picasso, dont ont reconnais presque universallement le génie aurait-il gardé toute sa vie un portrait peint par le Douanier, si celui ci aurait été médiocre? Mais je ne me souviens pas d’avoir entendu d’un peinture de Magritte dans la collection du catalan…

(…) »Peut-on dire que Van Gogh a été libre? Ce n’est guère possible. Il fut soumis à des passions qui lui ont donné une force aveugle, en échange de sa soumission. C’est à cette force aveugle que me fait surtout penser Van Gogh et je ne puis lui accorder une valeur qu’il faille admirer ou aimer. J’estime que les sentiments violents réduisent la monde à quelque chose d’assez vulgaire. En regardant ce qui reste de l’activité forcenée de Van Gogh, j’y trouve le souvenir d’une vie délirante, sans liberté. »

Ca sera ridicule de combattre, idée par idée, ce texte qui date de plus de soixante ans. Ca suffit, peut être, dire qu’il y a dans le texte les termes même pour le caractériser : médiocre, vulgaire, mesquin. Même l’envie de Magritte est mesquine. Je ne dis pas que Van Gogh a peint seulement des chef d’oeuvres. Ni que sa vie a été libre (mais la vie de qui est libre?) et que son caractère était sans fautes…

Mais quand quelqu’un confesse, de son propre gré, qu’il est incapable de trouver – dans la vie ou dans l’oeuvre de Van Gogh, « une valeur qu’il faille admirer ou aimer », alors je comprends tout d’un coup l’instinctive et inconsciente antipathie que j’avais pour le personnage…

Voila une peinture de Magritte (de sa jeunesse, ok… mais comparer-la avec des peintures de la jeunesse artistique de Vincent, avec ses Mangeurs de pommes de terre, par exemple):

I apologize to my friends anglophones for not having the time (and energy) to translate in English this post. Consider it just a diversion, a paranthesis, from the usual `Danu` posts…

7 responses to “Magritte, l’obtuse…

  1. Well I’d like to comment but I have no idea what you are talking about. So I’ll just say have a great day and keep painting!

  2. Thanks, Bill: I wish you also a pleasant and productive day! To make a long story short: I did find a text from 1955 written by Magritte who said, refering to Van Gogh life’s and works, that ” he could not find anything about it to be loved or admired” and expressed an almost open envy and a lot of obtusity… That explained – clarified – my not liking of Magritte, a petit-bourgeais artist, despite his pretentions… Something like that… but I’m not sure your command of French isn’t a lot better than you modestly asert (wow! I don’t know how I “compose” my English phrases but they sound pretentious too…like Magritte’s paintings…)

  3. I also couldn’t find much about Van Gogh’s life to be admired; except his perserverence. For a long time I felt he was a terrible painter and wonder how on earth he became famous.

    Then then had the show of his paintings here in LA and when I saw the works that were not in any books I had seen, I could see the greatness. He was growing so fast as an artists. It is a shame he died so young.

  4. Myself, Bill, before I’ve seen any reproductions (not to mention originals…) I’ve read his letters and the Irving Stone’s biography… Only afterwards I’ve seen reproductions (bad ones!) and only very late (a few years ago, in Montreal) some originals… True, there are some awful paintings attributed to him (some could be fake, like those burnt sienna orange cows… and the Portrait du dr. gachet au Musee d’Orsay) but there are trully great ones, mostly…

    The question how he become so damn famous is one I could find an answer yet… It’s not only the ear and his suicide…It would be too simple…and there are other artist who commited suicide and aren’t that famous…

  5. “I couldn’t find an answers” it’s the correct phrase, of course…

  6. Hey, Danu, now that you’ve made us all study French, it’s time for another exercise.

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